Plusieurs facteurs médicaux entrent en jeu pour orienter la décision vers un EHPAD plutôt qu’une résidence senior à Évreux. Ces critères sont principalement évalués lors de la constitution du dossier d’admission, notamment grâce au dossier médical unique (équivalent du dossier Pathos et AGGIR). Voici les plus déterminants :
1. Niveau d’autonomie : la grille AGGIR comme référence
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) est l’outil principal, utilisé partout en France, pour évaluer le degré d’autonomie des personnes âgées. Elle classe les personnes en six groupes (GIR 1 à 6) :
| Groupe |
Degré d'autonomie |
Prise en charge adaptée |
| GIR 1 |
Personnes alitées ou en fauteuil, dépendance totale |
EHPAD impératif |
| GIR 2 |
Dépendance physique ou psychique, surveillance continue |
EHPAD |
| GIR 3-4 |
Dépendance partielle, besoin d’aide pour la toilette, l’habillement… |
EHPAD ou, parfois, résidences avec services médicalisés |
| GIR 5-6 |
Autonomie préservée, besoins ponctuels |
Résidence senior |
À retenir : Pour l’EHPAD, les situations de GIR 1 à 4 sont prédominantes. Selon les derniers chiffres de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie), la majorité des résidents en EHPAD sont évalués GIR 1, 2 ou 3. Source : CNSA.
2. Présence de pathologies chroniques et soins médicaux quotidiens
- Chronicité des soins : Nécessité d’injections, pansements complexes, surveillance médicale rapprochée (diabète insulino-dépendant, escarres, etc.)
- Polypathologies : Accumulation de plusieurs maladies (cardiaques, respiratoires, neurologiques...) nécessitant une surveillance ou des soins coordonnés entre différents professionnels de santé.
- Médicaments sous surveillance : Schémas thérapeutiques compliqués (anti-coagulants, neuroleptiques, etc.) ou nécessitant une adaptation médicale régulière (gériatre sur place).
Un résident d’EHPAD bénéficie en permanence d’une équipe soignante (infirmières diplômées d’État présentes 24h/24, aides-soignants, médecin coordonnateur). En résidence senior, la présence d’une telle équipe n’est pas assurée en continu. Les intervenants médicaux se déplacent si besoin, mais cela ne remplace pas une présence constante.
3. Troubles cognitifs ou psychiatriques sévères
Un autre critère incontournable, aujourd’hui, concerne les troubles cognitifs (type Alzheimer ou maladies apparentées) : selon la Fédération Française des Associations de Médecins Coordonnateurs (FFAMCO), près de 55% des résidents d’EHPAD présentent une affection neuro-dégénérative (FFAMCO).
- Désorientation temporelle ou spatiale entraînant des risques (fugue, chute, oubli de médicaments...)
- Troubles du comportement : agitation, agressivité, dépression majeure non stabilisée
- Besoin d’un environnement sécurisé : locaux adaptés, accès contrôlé, équipes formées
Une résidence senior n’a pas vocation à accueillir des personnes présentant de tels troubles sans accompagnement spécialisé. Les EHPAD proposent, à Évreux, des unités protégées (type unités Alzheimer) pour ces profils.
4. Dépendance physique importante
- Mobilité très réduite ou fauteuil roulant permanent (transferts, verticalisation, prévention des escarres…)
- Aide totale pour les actes quotidiens (toilette, habillage, repas, déplacements…)
- Besoin de matériel médical adapté (lits médicalisés, lève-personne, etc.) disponible et surveillé
Un EHPAD à Évreux dispose de tout cet équipement et de protocoles de prévention (notamment risque de chute, fausses routes alimentaires…). Ce n’est pas le cas dans les résidences seniors, qui sont pensées comme des lieux autonomes, parfois avec un "pack sécurité", mais sans dimension soignante.